Actualités biodiversité et immobilier durable

IRICE publie des contenus courts pour aider à intégrer la biodiversité dans les projets immobiliers : points de friction, outils, leviers concrets. Des retours de terrain pour faire de la biodiversité un atout de projet, pas une contrainte.

Pourquoi un réseau d’assesseurs ne peut pas garantir l’impartialité d’une évaluation ?

Jeudi, Novembre 20, 2025

Dans plusieurs démarches privées, l’évaluation est confiée à des “assesseurs” sélectionnés et formés par l’organisme qui a conçu le référentiel. Cette architecture crée des liens d’influence structurels entre l’auteur de la méthode, ceux qui accompagnent les projets et ceux qui évaluent. Cet article explique pourquoi un réseau d’assesseurs ne peut pas garantir l’impartialité attendue d’une évaluation environnementale.

1. Former les assesseurs crée un lien direct d’influence

Lorsqu’un organisme :

  • conçoit le référentiel,
  • forme les assesseurs,
  • définit les bonnes pratiques,
  • anime la compréhension technique,
  • fournit l’interprétation officielle des critères,

il exerce un rôle d’influence majeur sur ceux qui évaluent les projets.

Conséquence structurelle :

un assesseur formé par le concepteur de la méthode n’est jamais indépendant.

Ce n’est pas une question de personne, mais de gouvernance.

2. Les assesseurs n’ont pas l’indépendance fonctionnelle d’un évaluateur

Un évaluateur impartial ne peut pas :

  • conseiller,
  • orienter la conception,
  • optimiser un projet,
  • produire des preuves,
  • préparer le dossier,
  • participer à des ateliers techniques,
  • recommander des choix,
  • intervenir en amont.

Or dans de nombreux dispositifs privés, les assesseurs :

  • accompagnent,
  • pré-évaluent,
  • optimisent,
  • préparent des dossiers,
  • donnent des orientations.

Cela crée mécaniquement :

Accompagnement → influence → incompatibilité avec l’évaluation.

Ce schéma viole directement les principes des normes ISO 17065, 17020 et 19011.

3. Un réseau d’assesseurs animé par le concepteur ne peut pas être impartial

Un réseau animé par l’organisme qui :

  • écrit les règles,
  • forme les praticiens,
  • interprète les critères,
  • organise les retours d’expérience,
  • ajuste la méthode,

génère un consensus interne, pas une évaluation indépendante.

Logique institutionnelle :

Un réseau crée une culture commune, pas une neutralité.

L’impartialité exige la distance, pas la proximité.

4. Le modèle “assesseur = expert du réseau” n’est pas accréditable

Pour être accréditable selon le règlement (CE) 765/2008, un système doit démontrer :

  • l’absence d’influence entre évaluation et conception,
  • l’absence de lien économique ou fonctionnel,
  • la neutralité de l’interprétation,
  • la séparation stricte des rôles,
  • l’indépendance organisationnelle.

Un réseau d’assesseurs :

  • formés par l’organisme,
  • dépendants de celui-ci pour leur statut,
  • travaillant au sein de sa méthode,
  • et renvoyant leurs évaluations à l’organisme décisionnaire,

ne satisfait aucune de ces conditions.

Résultat :

un tel modèle ne peut pas être audité, ni reconnu, ni accrédité.

5. Reconnaissance institutionnelle : pourquoi les assesseurs ne peuvent pas remplacer une tierce partie

Les collectivités, DREAL, ministères et organismes financeurs s’appuient sur des évaluations :

  • indépendantes,
  • documentées,
  • opposables,
  • auditables,
  • gouvernées par une tierce partie.

Un réseau d’assesseurs ne remplit pas ces critères :

  • il n’a pas de gouvernance impartiale,
  • il ne possède pas de statut institutionnel,
  • sa neutralité n’est pas démontrable,
  • ses évaluations ne sont pas opposables.

Conséquence :

Les assesseurs ne peuvent pas fonder une décision publique ou financière.

6. À l’inverse, un organisme indépendant sépare strictement les rôles

Un modèle institutionnellement fiable repose sur :

1. Accompagnement

Accompagnateurs extérieurs, jamais évaluateurs.

2. Évaluation (assessment)

Évaluateurs impartiaux, non formés par ceux qui décident.

3. Décision

Fonction indépendante, séparée des influences.

4. Référentiel

Documenté, interprété selon une procédure, non dépendant d’un réseau.

5. Accréditation

Audit de gouvernance, impartialité et traçabilité.

C’est l’architecture IRICE :

  • accompagnement par les Biodiversity Partners,
  • évaluation indépendante via des évaluateurs sans rôle d’accompagnement,
  • décision impartiale par une entité séparée,
  • conformité aux exigences ISO 17065.

Conclusion

Un réseau d’assesseurs ne peut pas garantir l’impartialité d’une évaluation environnementale. La formation, la proximité fonctionnelle, la dépendance à l’organisme concepteur et la confusion entre accompagnement et assessment créent une influence structurelle incompatible avec les attentes institutionnelles et financières.

Seule une séparation stricte des rôles, conception, accompagnement, évaluation, décision, permet d’obtenir une évaluation indépendante, opposable et institutionnellement fiable.

Cadre complet : https://irice-certification.com/doctrine-independance-accreditation-preuve

Recherche