Actualités biodiversité et immobilier durable
Le marché regroupe aujourd’hui de nombreuses démarches environnementales : certifications, labels, chartes, engagements volontaires. Pourtant, une distinction fondamentale sépare la certification accréditée, qui repose sur l’évaluation indépendante, et le label privé ou volontaire, qui repose sur une logique interne propre à son porteur. Comprendre cette différence est essentiel pour garantir des décisions fiables et opposables.
1. Certification accréditée : une évaluation indépendante et institutionnelle
Une certification accréditée relève du domaine réglementé de l’évaluation de la conformité. Elle répond à cinq exigences fondamentales :
1.1. Un organisme tiers indépendant
L’évaluateur n’est ni concepteur, ni formateur, ni AMO, ni accompagnateur des projets.
1.2. Un référentiel public et stable
Les règles d’évaluation sont documentées, transparentes et ouvertes au contrôle externe.
1.3. Un processus de décision impartial
Instruction, évaluation, décision : chaque étape est séparée.
1.4. Traçabilité et preuve
La décision repose sur des éléments vérifiables et audités.
1.5. Accréditabilité ISO/IEC 17065
L’organisme certificateur peut être contrôlé par un organisme national d’accréditation. C’est la garantie institutionnelle de :
- compétence,
- impartialité,
- maîtrise des conflits d’intérêts,
- indépendance du processus.
Résultat : Une certification accréditée produit une décision stable, recevable par les autorités, les financeurs, les collectivités et les acteurs publics.
2. Label privé ou volontaire : une démarche interne non accréditable
Un label privé (ou volontaire) est une démarche définie par son porteur. Il peut être sérieux et utile, mais il n’a pas la même nature ni les mêmes garanties qu’une certification.
2.1. Règles internes définies par le porteur
Le même organisme peut concevoir la méthode, former les évaluateurs, accompagner les projets et délivrer les décisions.
2.2. Gouvernance interne
Pas de tiers indépendant obligatoire dans l’évaluation ou la décision.
2.3. Absence d’accréditation possible
Les labels ne sont généralement pas alignés sur ISO/IEC 17065. Ils ne peuvent donc pas être accrédités.
2.4. Absence de contrôle institutionnel
Il n’y a pas d’organisme externe chargé de garantir l’impartialité de la décision.
2.5. Valeur de communication, non de conformité
Un label met en avant un engagement ou une intention, mais ne produit pas une décision institutionnellement opposable.
Résultat : Le label est un outil privé de valorisation ; la certification accréditée est un outil public de conformité.
3. Pourquoi ils ne sont jamais équivalents
Même si un label et une certification portent sur un domaine similaire (biodiversité, construction durable, performance environnementale), ils ne peuvent jamais être considérés comme équivalents, car :
- Statut différent certification = évaluation accréditable ; label = démarche volontaire interne.
- certification = évaluation accréditable ;
- label = démarche volontaire interne.
- Indépendance différente certification = séparation stricte conception / évaluation / décision ; label = fonctions souvent regroupées.
- certification = séparation stricte conception / évaluation / décision ;
- label = fonctions souvent regroupées.
- Reconnaissance différente certification = opposable et utilisable par la finance durable, les collectivités, les autorités ; label = outil de communication sectorielle.
- certification = opposable et utilisable par la finance durable, les collectivités, les autorités ;
- label = outil de communication sectorielle.
- Traçabilité différente certification = preuves vérifiables et auditables ; label = justification propre au porteur.
- certification = preuves vérifiables et auditables ;
- label = justification propre au porteur.
- Contrôle différent certification = surveillance externe ; label = contrôle interne ou auto-validation.
- certification = surveillance externe ;
- label = contrôle interne ou auto-validation.
4. La position d’IRICE
IRICE opère strictement dans le périmètre de la certification accréditable, en appliquant :
- indépendance totale,
- impartialité,
- traçabilité des preuves,
- séparation des rôles,
- conformité aux normes internationales,
- accréditabilité ISO/IEC 17065.
Les certifications délivrées sous Effinature et les évaluations du Biodiversity Performance Score (BPS) s’inscrivent dans ce cadre institutionnel.
5. Conclusion
La confusion entre label privé et certification accréditée fragilise l’évaluation environnementale. Seule la certification :
- garantit l’indépendance,
- assure l’accréditabilité,
- repose sur la preuve,
- peut être reconnue par les autorités,
- répond aux attentes de la finance durable.
Un label ne peut pas remplacer une certification accréditée. Les deux démarches ne sont pas équivalentes.
Voir la Doctrine IRICE : https://irice-certification.com/doctrine-independance-accreditation-preuve
