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Technique 4 min de lecture

Vers une comptabilité écologique intégrée : mesurer la performance réelle du vivant

La recherche internationale en comptabilité écologique ouvre une voie décisive : relier les flux économiques aux flux naturels. Zhou, Ou et Li (2016) posent les bases de cette nouvelle discipline, qui dépasse la simple comptabilité environnementale p...

Introduction

La transition environnementale impose une nouvelle grammaire économique : celle qui relie les flux de matière, d’énergie et de valeur. L’article scientifique de Zhou, Ou et Li (2016) propose une grille conceptuelle claire : passer de la comptabilité environnementale (centrée sur les impacts) à la comptabilité écologique (centrée sur les interactions entre systèmes économiques et écosystémiques). Cette évolution préfigure les méthodes de mesure que déploie aujourd’hui IRICE dans ses référentiels Effinature et BPS.

1. Distinguer ressource, environnement et écologie

Les auteurs rappellent que la ressource (matière première), l’environnement (cadre de vie) et l’écologie (système vivant) ne relèvent pas du même niveau d’analyse. Là où la comptabilité environnementale mesure la pollution, la comptabilité écologique mesure la durabilité fonctionnelle : la capacité d’un territoire ou d’un projet à maintenir ses services écosystémiques.

2. Du coût à la valeur écologique

L’approche proposée distingue quatre piliers :

  • Comptabiliser les actifs écologiques (sols, forêts, trames vertes, eau) ;
  • Évaluer les coûts et bénéfices écologiques (efficacité, résilience, bien-être) ;
  • Optimiser les décisions d’aménagement selon la performance écologique ;
  • Contrôler la cohérence entre performance économique et régénération du vivant. Cette structure annonce ce que les auteurs appellent une “éco-efficience mesurable”, logique que le BPS (Biodiversity Performance Score) met désormais en pratique.

3. Lien direct avec la normalisation internationale

Le cadre SNA/SEEA (Système de Comptabilité Économique et Environnementale des Nations unies) cité dans l’étude fonde l’idée d’un compte satellite de la biodiversité. Il relie les indicateurs économiques nationaux aux flux de ressources naturelles et permet de corriger les indices de croissance par la perte ou le gain écologique. C’est exactement la démarche que soutient IRICE : intégrer la biodiversité dans la comptabilité réelle des projets et des territoires.

4. De la théorie à la pratique

Les applications actuelles d’IRICE prolongent cette vision :

  • Les référentiels Effinature traduisent l’évaluation écologique en notation vérifiable ;
  • Le BPS établit une métrique objective de performance du vivant ;
  • Le projet Scope Impact élargira ce principe aux référentiels internationaux.

5. Quatre niveaux à relier : pressions, impacts, état, réponses

Les cadres TNFD, CSRD ou SBTN demandent des indicateurs de biodiversité, mais aucun ne dit comment évaluer la qualité écologique d’un site. Les travaux engagés vers un protocole international de comptabilité des écosystèmes proposent quatre niveaux :

  • les pressions : émissions, pollutions, changement d’usage des sols ;
  • les impacts : effets mesurés sur la structure et le fonctionnement des milieux ;
  • l’état : qualité écologique observée, à partir d’indicateurs biotiques et abiotiques ;
  • les réponses : réduction, restauration ou compensation, suivies dans le temps.

Le protocole reste neutre quant aux outils : il fixe des règles de comparabilité plutôt qu’une méthode unique. Les référentiels qui mesurent l’état des milieux peuvent s’y raccorder.

6. Une même donnée, du projet au reporting de groupe

Dans l’immobilier, la donnée écologique est encore produite quatre fois, par quatre acteurs : l’écologue pour le projet, l’entreprise de travaux pour le chantier, le gestionnaire pour le patrimoine, la direction RSE pour le reporting CSRD. Elle ne circule pas d’un niveau à l’autre. Trois principes permettent d’en faire une chaîne continue :

  • une seule production : le diagnostic réalisé pour un projet doit pouvoir alimenter la certification du projet, l’évaluation du patrimoine et le reporting, avec des indicateurs communs (coefficient de biotope, pleine terre, surfaces favorables au vivant) ;
  • la traçabilité : tout indicateur agrégé doit pouvoir être ramené au site et à son dossier source, étude d’impact, rapport d’écologue ou attestation de certification ;
  • la répétabilité : une trajectoire suppose la même méthode d’une année sur l’autre.

Chaque niveau a ses outils. Pour le projet, la certification Effinature vérifie la performance d’une opération. Pour le patrimoine, le Biodiversity Performance Score (BPS) donne un score sur 100 qui s’agrège par portefeuille ; c’est un outil de mesure, opéré par IRICE. Pour le chantier, le carbone est mieux outillé que la biodiversité, encore suivie par les comptes rendus de l’écologue dans le cadre de la séquence éviter, réduire, compenser.

Conclusion utile

La comptabilité écologique transforme la mesure de la performance : elle ne valorise plus seulement ce que l’on produit, mais ce que l’on préserve. Zhou et Li annonçaient un cadre ; IRICE en déploie aujourd’hui la réalité opérationnelle.

Zhou et al., 2016, Ecological Accounting: A Research Review and Conceptual Framework.

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IRICE

Organisme de certification accrédité Cofrac n°5-0655, ISO/IEC 17065

Accréditation Cofrac n°5-0655, Certification de produits, procédés et services, portée disponible sur www.cofrac.fr.

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