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Pourquoi l’auto-notation et la pré-évaluation interne ne peuvent pas remplacer la tierce partie ?

Jeudi, Novembre 20, 2025

Dans plusieurs démarches privées, les projets sont d’abord “pré-évalués” par des accompagnateurs, des assesseurs ou un réseau interne, avant d’être présentés comme évalués par un organisme externe. Cette architecture n’assure jamais l’impartialité, car la production de la preuve et son contrôle sont réalisés dans un système fermé. Une évaluation indépendante exige une séparation stricte des rôles et une tierce partie accréditable.

1. La pré-évaluation crée une influence directe sur la décision

Dans les dispositifs auto-gérés, la séquence est souvent la suivante :

  1. un acteur du réseau accompagne le projet ;
  2. il participe à la production de la preuve ;
  3. il prépare un pré-dossier ou une pré-notation ;
  4. il transmet ses éléments à un évaluateur ;
  5. le dossier est ensuite traité dans la même logique méthodologique.

Cette organisation crée une influence structurelle :

  • le projet est guidé par la compréhension interne,
  • le dossier est optimisé selon la doctrine du réseau,
  • les preuves sont préparées dans l’objectif d’une conformité connue d’avance.

Conséquence :

l’évaluation ne peut plus être indépendante.

2. Faire intervenir un sous-traitant ne crée pas une tierce partie indépendante

Plusieurs dispositifs privés font intervenir des structures externes pour “évaluer”. Mais ces acteurs :

  • appliquent la méthode du concepteur,
  • suivent ses interprétations,
  • ne contrôlent pas la gouvernance,
  • ne sont pas accrédités pour certifier cette méthode,
  • ne sont pas indépendants du système,
  • n’ont pas de mandat de décision impartial.

Ils agissent comme :

  • prestataires,
  • opérateurs,
  • contrôleurs internes, pas comme tierce partie indépendante.

Le statut juridique n’est pas celui d’un organisme accrédité ISO.

C’est une sous-traitance, pas une indépendance.

3. Un Système de Garantie Participative (SGP) n’est pas une évaluation tierce partie

Un SGP repose sur :

  • la vérification par les pairs,
  • l’évaluation communautaire,
  • la légitimation interne,
  • le consensus du réseau.

Ce modèle :

  • n’est pas indépendant,
  • n’est pas opposable,
  • n’est pas accréditable,
  • n’est pas compatible avec les politiques publiques,
  • n’est pas utilisable par les investisseurs institutionnels.

Un SGP est un mécanisme de cohésion interne, pas une évaluation impartiale.

4. Auto-notation + pré-évaluation interne = absence d’impartialité

Dans ces systèmes, l’accompagnateur :

  • optimise le projet,
  • aide à la conception,
  • prépare les preuves,
  • sélectionne les éléments à fournir,
  • influence la manière dont les critères seront lus.

Puis un évaluateur (externe ou non) reçoit un dossier déjà orienté par le réseau.

La neutralité est perdue :

  • la preuve n’est pas indépendante,
  • l’interprétation est prédéfinie,
  • la conformité est anticipée,
  • l’analyse n’est plus libre.

C’est l’inverse même de ce qu’exige une évaluation tierce partie.

5. Pourquoi ce modèle est incompatible avec ISO 17065

ISO 17065 impose :

  • indépendance de l’évaluation,
  • impartialité du processus,
  • absence de double rôle,
  • gouvernance séparée,
  • décision impartiale,
  • contrôle par un organisme national d’accréditation.

Le schéma :

Accompagnement → Pré-évaluation → Évaluation → Décision dans un système fermé

viole :

  • l’indépendance,
  • l’impartialité,
  • la traçabilité des preuves,
  • la séparation des rôles,
  • la neutralité décisionnelle.

Résultat :

Dispositif non accréditable.

6. Sans tierce partie indépendante, la preuve n’est pas institutionnellement recevable

Les exigences européennes (CSRD, Taxonomie, SFDR) requièrent :

  • une preuve auditée,
  • une tierce partie indépendante,
  • une gouvernance libre d’influence,
  • une méthodologie vérifiable par une autorité publique.

Une pré-évaluation interne :

  • oriente la preuve,
  • supprime la neutralité,
  • empêche la vérification impartiale,
  • rend la donnée non intégrable dans un financement ESG.

Les MOA, collectivités et investisseurs ne peuvent pas s’appuyer dessus.

7. Le modèle indépendant : production de preuve séparée de l’évaluation

La structure IRICE répond exactement aux attentes institutionnelles :

Biodiversity Partners

→ accompagnent → préparent les preuves → documentent → n’évaluent jamais.

Évaluateurs IRICE

→ vérifient → contrôlent → appliquent la procédure ISO → n’accompagnent jamais.

Décision IRICE

→ prise par une entité indépendante.

Résultat :

Accompagnement ≠ Évaluation ≠ Décision → impartialité démontrable.

Conclusion

L’auto-notation et la pré-évaluation interne ne remplacent pas une tierce partie indépendante. Qu’il s’agisse d’un assesseur, d’un réseau interne, d’un prestataire externe ou d’un Système de Garantie Participative, la preuve reste produite et pré-validée à l’intérieur du dispositif.

Seule une séparation stricte entre l’accompagnement, l’évaluation et la décision, conformément aux exigences ISO,  permet de garantir une évaluation impartiale, accréditable et institutionnellement recevable.

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